Cet article sonne, nous l’espérons, la fin d’une époque bien sombre dans l’univers du graphisme.

Depuis un moment, nous connaissons une recrudescence du travail gratuit sur internet, et notamment dans le secteur des arts graphiques. Plusieurs appellations sont données à ce genre de pratiques: « appel d’offres », « jeu-concours » ou encore « compétition graphique ».
Un seul but, « offrir à de jeunes artistes, la possibilité de remporter un concours en faisant connaître aux yeux de tous leurs talents, et remporter la bien méritée somme de 1000, 2000 ou encore 5000 euros… Si et bien seulement s’ils sont sélectionnés par notre jury de professionnels. »
Voilà, le concours est lancé ! Des milliers de graphistes en mal de visibilité se lancent à coeur perdu dans la création d’une charte graphique complète, et bien sûr complètement gratuite, avec une très faible chance de remporter le gros lot.
Enjoy, be creative.

 


 

On nomme cette nouvelle mode  » le Crowdsourcing  ». Si on va fouiller du côté de Wikipédia, c’est en bref une production dite participative faisant appel à la créativité, à l’intelligence et au savoir-faire d’un grand nombre de personnes, en sous-traitance, pour réaliser certaines tâches traditionnellement effectuées par un employé ou un entrepreneur.
Plus le temps avance, plus la pratique se démocratise. Il n’est donc pas étonnant qu’en fouinant un peu sur Google ou même sur les réseaux sociaux, nous tombions sur de brillantes pépites d’esclavage moderne.

 


 

 

Le dernier en date : la « Fête du Cinéma » avec un concours lancé le 6 janvier 2017. La proposition étant d’élaborer l’intégralité du visuel de l’affiche de la Fête du cinéma 2017. La communication se faisant en majeure partie sur les réseaux sociaux, certains créatifs se sont réveillés en laissant des commentaires bien piquants, provoquant un effet boule de neige.

Comptabilisant plus de 3200 signatures et plus de 2600 likes sur le groupe, l’affaire commence à faire un peu de bruit. Mais malgré ces protestations, la « Fête du Cinéma » persiste. Pire, elle ne fait qu’amplifier sa communication en diffusant publiquement tous les jours les propositions des participants, profitant ainsi d’une belle campagne de promotion, bien entendu gratuite.

Malheureusement, cet exemple n’est pas un cas isolé. L’Altitude jazz Festival, le Paris Deco Off, la Techno Parade, le Jazz Migration, la région Occitanie et j’en passe sont sur le même créneau…

 

 

Alors s’il vous plaît, ne tombez pas dans la spirale du travail gratuit, bénévolat graphique ou encore de la prostitution créative. On a fait des études, souvent même des prêts pour les payer , notre travail n’est pas à considérer comme un passe-temps.

 

 

Un vidéo pour comprendre un plus tout ça: